TOUL’HOUSE BILLET D’HUMEUR

J’SUIS SNOB

L’ART DE PORTER LA BARBE

 

TEXTE : Françoise Sans Gants
PHOTOS : Prise de vue – Philippe Rol – MAQUILLAGE : Pauline Munoz – COIFFAGE : Au Cosy STYLISME : Elle en Courrèges by Georges Cinq / Lui en Tonsor & Cie

 

 

Il y a les hommes à femmes, ceux pour qui les da-moiselles tombent en pâmoison au premier regard, dans un love at first sight entendu d’avance, et il y a les hommes à barbe, ceux que tu rencontres chez le boucher et que tu ne reconnais plus chez le boulanger parce qu’ils viennent de se tailler les poils en douce. David Beckham par exemple a cédé aux doléances allergiques de Posh et sacrifié son sex appeal – à poils ? – sur l’autel de l’amour conjugal. Elle est pas belle la preuve ? Harper ne le reconnaît plus et s’enquiert chaque jour de la date de come-back du père-Noël at home… Ma petite Harper, écoute-moi bien, la mode, ça s’en va et ça revient, n’en déplaise à ta styliste de mère maniaque du contrôle et à ton père, l’homme sandwich, qui vendrait le retour de la nuque longue à un moine tibétain, tu vas devoir te faire au changement !!!

« Il faut savoir sacrifier la barbe pour sauver la tête » Ce n’est pas de moi, c’est un proverbe russe, dans la veine de « La barbe ne fait pas l’homme » ou encore « La barbe ne fait pas le philosophe ». Je me sens d’humeur à manier aphorismes, proverbes et dictons, ça me prend quelquefois, comme une envie de rire dans ma barbe.

Pour beaucoup, la barbe est une imposture, n’en déplaise à la donzelle qui dégouline d’admiration devant son nouveau boss barbu tatoué bronzé qui se trouvera « fort dépourvu quand la bise fut venue»-on a le droit de se référer aux Fables de La Fontaine en cas d’argumentaire risqué, plus chevelu que barbu quant à lui ! Attention aux contre-indications, la barbe ou la non barbe c’est comme le bronzage pour les juvéniles amours de vacances, ça peut tout changer au désir ! Et le plus très nouveau patron aura l’air un matin d’automne d’un blanc-bec en jean à bretelles qui fleurait le hipster pur jus et sent le jardinier et la bruyère -pas celui de Desperate Housewives le jardinier, on est d’accord ? – menteur, tricheur, hypocrite, fourbe, fallacieux… Tartuffe !!! Pfff la barbe !!!

Calmons-nous, Je disais donc une imposture, Oh Mon Dieu, un cache-misère même ! Mesdames, sous la barbe étudiée au millimètre près, vous découvrirez je le crains acné et cicatrices, joues trop rebondies, menton en galoche et tutti quanti ! Si vous n’êtes ni puma ni cougar, vous êtes à deux poils de vous retrouver une fois le pelage rasé, affublé d’un presque adolescent qui devra tendre sa carte de sortie du territoire pour vous accompagner en week-end !!!

Prenez garde à la barbe, gardez-vous des barbus ! Je vous aurais prévenues …

La barbe fait le look, le barbu est looké. On devrait dire looké comme un barbu, ce serait un proverbe 2.0 très à propos. Le barbu va chez Tonsor et Cie et on l’en remercie car il n’a jamais senti aussi bon ! C’est déjà ça ! Il faut dire qu’il se fait soigner les poils à coup d’onguents haut de gamme au karité ! Merci la barbe, merci le budget coiffeur/barbier mensuel à diviser de moitié pour continuer à se positionner en défenseure de l’égalité homme/ femme! Rhaaaa, la métrosexualité a bien changé la donne et le barbu, sous prétexte d’être viril a souhait, se paie le luxe de se faire pommader et arranger la figure pour nous plaire encore plus !

« Pourvu qu’elle soit douce » et là je ne parle pas de la chanson de Mylène mais de la barbouze de mon zonard qui devrait avoir un zeste de courtoisie en ayant le visage plus doux que mes jambes de lézard … Moi qui suis snob, voyez-vous, c’est à la barbe de mon mari que je passe et repasse tranquillement, ondulant du bassin devant mon institut de beauté préféré, en promettant de garder mon poil aux pattes aussi longtemps qu’il n’agira pas en coupant un poil plus court l’objet de notre désaccord : cette barbe qui, je dois le dire, me provoque physiologiquement des rougeurs et que je lui demande d’épaissir, de désépaissir, d’enduire de lotion adoucissante à coup de serviettes chaudes et de poire à talc… par ma barbe je suis une éternelle insatisfaite ! A vrai dire, la barbe, je la trouve seyante uniquement à titre fantasmatique et en souvenir de Cro-Magnon, mâle protecteur dans sa grotte, sur un Vincent Cassel qui n’avait pas vraiment besoin de ça pour être sexy … Allez, à poil Vincent ! Pour les autres, c’est une histoire à inventer… Je vous conseille un petit tour dans notre Barber Shop préféré de la rue Bouquière, histoire de vous la faire raser de près pour illustrer dans les mois à venir une impressionnante moustache à la Dali ou une chatouilleuse comme feu Jean Rochefort … c’est l’avenir !!! C’est Françoise sans gants qui vous le dit !