FRED MANENC : DANS LA PEAU D’UN MONOCHROMANIAC…

Artiste toulousain, Fred Manenc se définit comme un plasticien, par humilité sans doute, mais aussi par volonté de ne pas s’aliéner. Le toulousain peint comme il respire depuis quinze ans mais se refuse à porter une quelconque étiquette. Il revendique haut et fort sa liberté de création. Connu pour ses monochromes qui constituent désormais sa marque de fabrique, son identité artistique, il nous raconte son parcours, son évolution, sa quête artistique, ses projets…

Autodidacte jusqu’au bout de ses pinceaux et de ses racloirs, Fred Manenc a débuté la peinture sur un malentendu. Une aventure d’un soir qui se mute en histoire d’amour.
Exposé en France, en Europe, à New-York, on peut voir ses œuvres sur les murs de son atelier toulousain. L’homme se décrit comme un touche à tout, un électron libre dont le seul cadre est le leitmotiv qui permet d’identifier sa signature artistique : la monochromie.
« J’ai commencé par les monochromes à l’huile, j’ai travaillé l’alliance entre photo et peinture avec des sérigraphies sur plexiglas, il m’arrive d’utiliser des bombes depuis que j’ai intégré le collectif 50 Cinq mais je reviens toujours aux huiles pour la sensualité de la matière et à la monochromie pour sa grande permissivité en matière de création. Je suis un monochromaniac » explique l’artiste.
Clairement inspiré voire fasciné par l’œuvre de Pierre Soulages et les techniques de peinture d’Yves Klein, le plasticien refuse d’utiliser de la couleur qui sort du tube. Il aime travailler sa peinture en y ajoutant des pigments, de la poudre de nacre, du mica pour « pimper » la couleur, dynamiser la matière et pouvoir ainsi travailler la profondeur sur la toile.
Pour l’artiste, Fountain – l’urinoir de Marcel Duchamp – est un déclencheur. C’est avec en tête cette idée de sacraliser les objets les plus vils que Fred Manenc s’attaque à la kalachnikov, une des armes de guerre les moins chères et les plus meurtrières au monde, qu’il enveloppe de rose ou d’or.
Pour la série « Dream on », l’artiste chine de vieux jouets sur les vide-greniers, des pièces emblématiques ou de collection qui auront une résonnance pour les gens. Une fois le travail de brocanteur achevé, Fred Manenc peut laisser libre cours à l’expression artistique mais travaille consciencieusement chaque étape de construction de l’œuvre.
« Rien n’est laissé au hasard, je compose mes tableaux à partir de jouets minutieusement sélectionnés, décapés, collés puis enduits avec une peinture épaisse, enveloppante qui lisse chaque objet, presque comme un moule. Chaque œuvre est scénarisée pour proposer un regard singulier » explique Fred Manenc.
La série se termine sur une croix de jouets dans un cadre à reliques, le tout comme doré à l’or fin, un symbole fort dont l’artiste ne revendique pas la dimension religieuse mais davantage la fonction de symbole fort et un brin Rock’n Roll.
Il nous confie travailler depuis un an sur un nouveau projet autour de la femme et des codes vestimentaires…