JEAN-LOUIS ORENGO

JEAN-LOUIS ORENGO, L’INVENTEUR DE « LA GEORGETTE »

Un couvert nouvelle génération, hybride et multifonctions pour faire ce que l’Occitanie sait faire de meilleur : Manger !

Une innovation qui a mis un certain temps à connaître la gloire qu’elle méritait puisque Jean-Louis Orengo a commencé ses recherches à l’aube de l’an 2000 après une expédition dans le Grand Nord canadien. Ichnologue de métier – spécialiste des empreintes de pattes d ‘animaux – Jean-Louis Orengo avait en premier lieu à cœur de créer un couvert de bivouac, pour pallier à toutes les possibles utilisations en milieu sauvage. Ainsi, la Georgette est à la fois fourchette, cuillère et un peu couteau. Un objet étonnant et étonnamment pratique dont le concepteur a affiné arrondis, tranchants et contours pendant plusieurs années dans son atelier de  Saint-Lizier en Ariège, créant mille et un prototypes. Son but ? Parvenir à obtenir l’objet parfait qui, progressivement, ravirait les aventuriers, les gourmets et les chefs de la haute gastronomie française.

En 2016, la Georgette remporte la médaille d’or du Concours Lépine International à Paris et du Concours Lépine Européen à Strasbourg avec son modèle nommé « Georgette Aventure » ainsi que le modèle  « Georgette standing pour gaucher ». Egalement en 2017, une nouvelle médaille d’or est obtenue pour la georgette au Salon International des Inventeurs de Genève.

Gilles Goujon devient son ambassadeur en l’utilisant pour la dégustation d’un de ses plats signatures, l’œuf « pourri » de truffe. La Georgette continuera son médiatique parcours en séduisant la cheffe Hélène Darroze, Franck Putelat. Mais le premier à avoir promu la Georgette est le chef iconique Alain Ducasse qui utilise 100.000 Georgettes biodégradables, fabriquées  en Ariège pour le salon «Taste of Paris» au Grand Palais.

Fort et fier de son succès, l’instrument made in Occitanie – à la fois fourchette-cuillère et couteau qui permet de couper un poisson, de séparer des viandes tendres et de savourer une cuillérée de velouté ou de sauce – s’introduit avec brio dans les cuisines de l’Elysée sous la houlette du chef ultra connecté Guillaume Gomez.

En 2019,  le lycée Victor Hugo de Colomiers, en Haute-Garonne, devient le premier lycée en France à utiliser la Georgette Unik pour remplacer les fourchettes, les cuillères et petites cuillères habituelles à la cantine.

A ce jour, la Georgette continue sa conquête des palais gourmets en se déclinant dans plusieurs gammes –standing,  aventure, demoiselle, biodégradable avec de jolis étuis artisanaux made in « chez nous ».


INTERVIEW

1/ Comment l’idée de la Georgette a–t-elle émergé et pourquoi l’avez-vous poursuivi avec un tel acharnement en dépit des échecs ?

L’idée a émergé lors d’une expédition hivernale à la recherche des traces d’animaux sauvages. Pour alléger le traîneau, la cuillère fut préférée à la fourchette mais pour manger correctement la viande ou d’autres aliments j’ai été frustré par l’unique cuillère. Cette expérience accompagnée de ma passion pour les formes des pattes des animaux ont généré l’idée première d’un outil/couvert différent.

Je me suis obstiné parce que je pensais que cette nouvelle forme était réellement pratique et permettrait de réduire l’impact de l’homme sur l’environnement. Avec mon épouse, nous avions le projet de créer un Conservatoire International des Traces et avions imaginé que la réussite potentielle de l’invention pourrait permettre une commercialisation susceptible de financer notre projet scientifique et pédagogique.

Cette démarche nous paraissait compliquée mais plus réaliste que de passer notre temps à espérer trouver un mécène ou réaliser des dossiers pour la recherche de subventions.

La rencontre avec le chef étoilé André Daguin récemment décédé a aussi contribué à notre décision de ne pas lâcher notre projet.

2/ Teniez-vous absolument à ce que la fabrication de l’instrument soit ariégeoise ?

Si la fabrication avait pu se faire en Ariège, nous l’aurions fait dès le départ. Aujourd’hui, nous nous appuyons sur un savoir-faire rare en Europe pour la production de la Georgette standing et qui demande plus de 20 étapes de travail manuel maîtrisé par nos amis portugais.

Nous sommes fiers de fabriquer la Georgette biodégradable en Occitanie et son développement à travers le réseau des traiteurs représente un important potentiel de développement.

À partir du premier trimestre 2020 nous produirons une Georgette en biomatériaux compostables dans un composteur domestique. Nous pourrons produire cette Georgette en gros volumes pour baisser notre prix unitaire et devenir plus compétitifs sur des marchés importants.

3/ Vous portez haut les valeurs de l’Occitanie. Racontez nous votre attachement à la région.

Je suis né à Montpellier, j’ai appris à aimer la nature et à pister le sanglier dans les Cévennes à Roquedur, à relever de multiples traces d’oiseaux en Camargue. Pour bâtir mon projet de vie, j’ai choisi de vivre en Ariège. Je rêvais d’une nature grandiose et préservée. Les Pyrénées abritaient encore quelques ours symboles d’un territoire naturel où pouvait cohabiter l’homme et une nature forte.

J’ai envie d’une région capable de valoriser au mieux ses espaces naturels parce que l’avenir de notre espèce passe d’abord par le respect fondamental de la biodiversité dont nous faisons simplement partie.

La Georgette est devenue un symbole de l’innovation rurale en Ariège et la région a ouvert grand les bras pour accompagner une identité j’espère méritée.

La région n’a pas attendu après moi pour devenir ce qu’elle est, mais si notre identité peut apporter quelque chose de bien et d’utile, j’en suis ravi.

4/Avez-vous trouvé de nouveaux développements pour la Georgette en national et à l’international ?

Nous sommes régulièrement sollicités par des distributeurs qui veulent proposer la Georgette dans leurs réseaux de vente. Nous avons déjà 140 magasins répartis sur le territoire national qui présentent et vendent la Georgette ou le George.

Nous venons d’être référencés Au Bon Marché à Paris. Nous commençons à être présents en Espagne, en Allemagne, en Belgique et en Autriche. Nous sommes présents au Canada et aux USA avec des petits volumes pour l’instant.

Alain Ducasse est notre principal ambassadeur à l’étranger, il adopte et fait connaître la Georgette dans de nombreux pays : Hong Kong, Dubaï…

5/ Vous considérez vous comme un « ambassadeur culturel » de la Région ?

Je suis très heureux que la région utilise la Georgette pour illustrer les capacités innovantes de la région. C’est un honneur d’imaginer devenir un ambassadeur de sa propre région.

Votre question me fait prendre conscience de notre rôle potentiel dans la représentation d’une identité régionale.

Il y a encore de nombreuses étapes à franchir pour que je puisse apporter à la région le meilleur de notre potentiel en matière d’économie, de sciences (conservatoire international des traces) et de créativité.

Nous serons à New York en tant que partenaire,  pour les 35 ans  de la société D’Artagnan et la guerre des Cassoulet organisée par Ariane Daguin. L’événement réunira 500 à 600 chefs des Etats Unis, l’occasion de faire connaître George et Georgette et de les distribuer à travers le nouveau monde.

6/ Votre plus joli moment avec la Georgette ?

Une conférence à l’institut du Cordon-Bleu à Paris à la demande de l’Académie Culinaire de France devant environ 300 chefs étoilés et meilleurs ouvriers de France ainsi que la dégustation avec la demoiselle Georgette du dessert emblématique du Jules Verne « l’écrou »de la Tour Eiffel en compagnie du professeur de cuisine Nicolas Edru et de ses élèves du lycée professionnel René Bonnet de Toulouse.


EN BREF : QUESTION / RÉPONSE

1/ Un mets à déguster obligatoirement avec la Georgette ?

Le cassoulet

2/Une idée folle pour la Georgette ?

Remplacer la cuillère et la fourchette dans le quotidien des Français.

3/ Votre balade préférée en Occitanie ?

Le mois de juin en montagne escarpée entre névés, lys des Pyrénées, observation d’animaux sauvages et moulage de traces.

4/ Un restaurant que vous aimez ?

« Le carré de l’Ange » du chef Paul Fontvieille à Saint Lizier

5/ 3 mots pour définir l’Occitanie

Accent, diversité, innovations

6/ Un dimanche avec vous ça ressemble à quoi ?

Une rencontre permanente avec la nature en terrain difficile avec sac à dos et long bâton de noisetier.


www.lageorgette.com

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